La cuisine coréenne est l'une des plus riches et des plus variées d'Asie. Inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO à travers le kimjang (préparation du kimchi), elle se caractérise par l'importance des fermentations, l'équilibre des saveurs (sucré, salé, acide, amer, umami) et la convivialité du repas partagé. Séoul compte en 2026 plus de 30 restaurants étoilés au guide Michelin, mais les meilleures expériences culinaires se trouvent souvent dans les petits restaurants de quartier et les marchés de rue.
Qu'est-ce que la cuisine coréenne ?
Quatre traits la définissent, et les reconnaître suffit à comprendre presque n'importe quelle table coréenne.
- Le riz au centre, les banchan autour. Un repas coréen n'est pas une succession de plats mais un ensemble simultané : un bol de riz, une soupe, et une constellation de petites assiettes, les banchan (반찬), servies gratuitement et souvent resservies.
- La fermentation partout. Kimchi, mais aussi les jang : gochujang (pâte de piment fermentée), doenjang (pâte de soja) et ganjang (sauce soja). Ce sont eux qui donnent à la cuisine coréenne sa profondeur, distincte du salé japonais ou du gras chinois.
- Le piment, mais pas partout. Le gochugaru, le piment en flocons, colore beaucoup de plats, mais la réputation de cuisine brûlante est exagérée : le bulgogi, le japchae ou le gimbap ne piquent pas du tout.
- La cuisson à table. Barbecues encastrés, marmites qui mijotent devant vous : le repas est souvent un acte collectif, pas un service.
Les repères
Les plats coréens incontournables
Neuf plats suffisent à couvrir l'essentiel d'une première découverte. Les voici en un coup d'œil, avec le détail de chacun juste en dessous.

Bibimbap 비빔밥
Bol de riz, légumes et gochujang, à mélanger avant de manger.

Korean BBQ 삼겹살
Viande grillée à table, à envelopper dans une feuille de salade.

Kimchi 김치
Chou fermenté au piment, servi à presque tous les repas.

Bulgogi 불고기
Bœuf mariné sucré-salé, le plat coréen le plus consensuel.

Japchae 잡채
Nouilles de patate douce sautées aux légumes et au sésame.

Tteokbokki 떡볶이
Gnocchis de riz en sauce piquante, roi de la street food.

Poulet frit 치킨
Double friture ultra croustillante, nature ou sauce yangnyeom.

Jjajangmyeon 짜장면
Nouilles à la sauce de haricots noirs, comfort food nationale.

Gimbap 김밥
Rouleau de riz et d'algue, l'en-cas de pique-nique par excellence.
Bibimbap
Le bibimbap ("riz mélangé") est un bol de riz garni de légumes sautés (namul), de viande (boeuf, porc ou poulet), d'un oeuf au plat et de gochujang. La version la plus célèbre est le dolsot bibimbap, servi dans un bol en pierre brulant qui crée une croute de riz grillée au fond. La ville de Jeonju, dans le Jeolla du Nord, est considérée comme le berceau du bibimbap.

Bulgogi 불고기
Du bœuf finement tranché, mariné dans un mélange de sauce soja, de poire, d'ail et de sésame, puis grillé ou sauté. C'est le plat coréen le plus consensuel : sucré-salé, jamais piquant, il passe auprès de tout le monde et sert souvent d'introduction à la cuisine du pays.
Japchae 잡채
Des nouilles de patate douce translucides, sautées avec des légumes émincés, du sésame et parfois du bœuf. Élastiques, légèrement sucrées, servies tièdes ou froides. Plat de fête traditionnel, présent à presque tous les repas de famille.
Les jjigae 찌개, les ragoûts
La catégorie la plus consommée au quotidien, et sans doute la plus méconnue des voyageurs. Ce sont des ragoûts bouillants servis dans une marmite en terre. Le kimchi-jjigae au kimchi fermenté et au porc, le doenjang-jjigae à la pâte de soja, plus doux, et le sundubu-jjigae au tofu soyeux, où l'on casse un œuf cru à l'arrivée. On les partage, chacun puisant dans la marmite commune.
Gimbap 김밥
Un rouleau de riz enveloppé d'algue, garni de légumes, d'œuf et parfois de viande ou de thon. On le compare souvent au maki japonais à tort : le riz est assaisonné au sésame et non au vinaigre, et le gimbap se mange froid, comme un en-cas de pique-nique ou de trajet.
Ramyeon 라면
Les nouilles instantanées coréennes, épicées, tiennent d'un véritable fait culturel. On les mange partout, y compris dans les supérettes équipées de cuiseurs en libre-service. Le budae-jjigae, ou ragoût de l'armée, en est le cousin historique : né de la pénurie d'après-guerre, il mêle ramyeon, saucisses et jambon en boîte issus des bases américaines.
Naengmyeon 냉면
Des nouilles de sarrasin servies dans un bouillon glacé, parfois avec des morceaux de glace pilée. Déroutant à la première cuillère, redoutablement efficace en plein mois d'août. Une spécialité originaire du nord de la péninsule, devenue un classique de l'été à Séoul.
Samgyeopsal (BBQ coréen)
Le samgyeopsal est de la poitrine de porc grillée à table sur un barbecue intégré. On l'enveloppe dans une feuille de laitue ou de perilla avec de l'ail grillé, de la pâte ssamjang (mélange de doenjang et gochujang), du kimchi et de la ciboule. Le BBQ coréen est une expérience sociale : on cuisine et on partage ensemble. Un repas de samgyeopsal coûte entre 13 000 et 18 000 KRW par personne, avec des refill gratuits de banchan (accompagnements).
Tteokbokki
Le tteokbokki est composé de cylindres de pâte de riz (tteok) mijotés dans une sauce épicée au gochujang. C'est le roi de la street food coréenne, disponible partout pour 3 000 à 5 000 KRW. Les variations incluent le rose tteokbokki (sauce crémée), le cheese tteokbokki (avec du fromage fondu) et le rabokki (avec des nouilles instantanées).
Jjajangmyeon
Les jjajangmyeon sont des nouilles à la sauce de haricots noirs fermentés (chunjang), garnies de porc et de légumes coupés en dés. D'origine sino-coréenne, c'est un plat de comfort food consommé surtout le jour du "Black Day" (14 avril), quand les célibataires coréens se consolent en mangeant ensemble. Un bol coûte entre 6 000 et 8 000 KRW.
Chimaek (poulet frit et bière)
Le poulet frit coréen (치킨, chikin) est une institution nationale. La technique de double friture donne une croute extra-croustillante. Les variétés les plus populaires sont le yangnyeom (sauce sucrée-épicée), le ganjangsauce (soja-ail) et le snow cheese (poudre de fromage). Les chaines comme Kyochon, BBQ Chicken et BHC sont omniprésentes. Un poulet entier coûte environ 18 000 à 22 000 KRW.
Kimchi : l'âme de la cuisine coréenne
Le kimchi est bien plus qu'un accompagnement, c'est un pilier de l'identité culinaire coréenne. Ce légume fermenté (le plus souvent du chou chinois, baechu) est assaisonné de gochugaru (piment rouge en flocons), d'ail, de gingembre, de jeotgal (crevettes ou anchois fermentés) et de sauce de poisson. Il existe plus de 200 variétés de kimchi, du kkakdugi (radis en cubes) au oisobagi (concombre farci).
Le kimjang, la préparation collective du kimchi en automne, est une tradition familiale inscrite au patrimoine immatériel de l'UNESCO depuis 2013. En 2026, le festival du kimchi de Séoul (octobre/novembre) permet aux visiteurs de participer à la confection et de repartir avec leur propre pot.
Le Korean BBQ et la cuisson à table
C'est l'expérience que la plupart des visiteurs retiennent. Une grille encastrée au centre de la table, une hotte descendue au-dessus, et de la viande crue qu'on fait griller soi-même : samgyeopsal (poitrine de porc), galbi (travers de bœuf marinés) ou moksal (échine).
Le geste compte autant que la viande. On découpe aux ciseaux directement sur le gril, on saisit un morceau, on le pose sur une feuille de laitue ou de perilla, on ajoute de l'ail grillé, du ssamjang et un peu de riz, on referme, et on avale la bouchée entière. Ce paquet s'appelle un ssam, et il ne se mange pas en deux fois.

Deux détails qui trahissent le touriste
Les restaurants de barbecue servent presque toujours pour deux personnes minimum, un solo peut se voir refuser une table. Et le plus jeune de la tablée s'occupe traditionnellement de la cuisson et du service : si quelqu'un vous prend les pinces des mains, ce n'est pas un reproche.
Street food : les marchés incontournables
Manger debout fait partie de la culture coréenne, et les marchés couverts en sont le cœur. Le tteokbokki en est le roi, mais on y trouve aussi le hotteok (crêpe fourrée), le odeng (brochettes de pâte de poisson dans un bouillon) et le gyeranppang (pain à l'œuf).

Gwangjang Market
Le marché Gwangjang, ouvert en 1905, est le plus ancien marché traditionnel de Séoul. L'allée de la street food est légendaire : bindaetteok (crêpes de haricots mungo, 3 000 KRW), mayak gimbap (mini-rouleaux de riz "addictifs", 3 000 KRW), yukhoe (tartare de boeuf coréen, 15 000 KRW) et tteokbokki. L'ambiance est authentique, asseyez-vous au comptoir à côté des Coréens.
Myeongdong
Les rues de Myeongdong se transforment en marché de street food le soir. Les stands proposent des spécialités coréennes et des créations fusion : hotteok (crêpe fourrée au sucre brun et graines, 2 000 KRW), gyeranppang (pain à l'oeuf, 2 500 KRW), tornado potato (pomme de terre en spirale frite, 3 000 KRW) et tokkebi hot dog (corn dog farci de mozzarella).
La culture de la table
Manger en Corée obéit à des usages que personne n'explique sur place, parce qu'ils vont de soi. En connaître trois ou quatre change complètement l'expérience.
- Les banchan sont offerts et resservis. Ils arrivent sans qu'on les commande et se redemandent gratuitement. Les finir n'est pas obligatoire, mais en gaspiller est mal vu.
- Tout se partage. Les plats sont posés au centre, chacun pioche. Commander « son » plat comme au restaurant français est possible mais inhabituel.
- La cuillère et les baguettes ont chacune leur rôle. La cuillère pour le riz et les soupes, les baguettes pour le reste. On ne les plante jamais debout dans le riz, un geste associé aux rites funéraires.
- On attend l'aîné. Traditionnellement, le repas commence quand la personne la plus âgée a commencé, et se termine quand elle a fini.
- Pas de pourboire. Il n'existe pas en Corée du Sud, et le laisser peut créer un malaise.
Ces usages font partie d'un ensemble plus large de codes sociaux, que nous détaillons dans notre page étiquette et codes sociaux en Corée.
Soju, makgeolli et boissons
Le soju est l'alcool le plus consommé au monde en volume. Cette eau-de-vie de riz (ou de patate douce, selon les marques) titre entre 16 et 20 degrés. La marque Chamisul (Hite Jinro) est la plus vendue, avec environ 3 milliards de bouteilles par an. Une bouteille de 360 ml coûte entre 1 500 et 5 000 KRW selon le lieu.
Étiquette du soju. On ne se sert jamais soi-même : c'est le voisin qui remplit votre verre. Quand un ainé vous verse du soju, tenez votre verre à deux mains en signe de respect. Tournez légèrement la tête en buvant devant une personne plus âgée. Le "somaek" (soju + bière) est un mélange populaire en soirée.
En 2026, les sojus aromatisés (pêche, raisin, pomme verte, yuzu) de marques comme Jinro et Good Day ont conquis un public international. Les bars à soju de Hongdae et Itaewon proposent des cocktails créatifs à base de soju.
Où manger coréen en Corée ?
Le meilleur repas de votre séjour ne sera probablement pas dans un restaurant étoilé. La Corée fonctionne beaucoup à la spécialisation : un établissement fait un plat, parfois deux, et le fait depuis trente ans. Les enseignes de barbecue ne servent que du barbecue, les bunsik ne font que de la street food assise, les gukbap-jib que de la soupe de riz.
Trois repères simples : les marchés couverts pour manger bon marché et sur le pouce, les restaurants de quartier sans carte en anglais, où l'on commande en pointant du doigt, et les food courts des grands magasins, étonnamment bons et pratiques quand on hésite. Notre guide visiter Séoul situe les principaux marchés.
Le guide Michelin Séoul, publié depuis 2017, compte en 2026 plus de 30 restaurants étoilés. La scène gastronomique séoulienne mêle cuisine coréenne traditionnelle réinterprétée, temple food raffinée et cuisine fusion internationale.
Cuisine coréenne. Gaon (3 étoiles) propose une cuisine royale Joseon raffinée. Jungsik (2 étoiles) réinterprète les classiques coréens avec des techniques modernes. Mingles (2 étoiles) fusionne les saveurs coréennes et internationales.
Temple food. Balwoo Gongyang (1 étoile) sert une cuisine végétalienne bouddhiste dans l'enceinte du temple Jogyesa. Les plats, à base de légumes de saison et de fermentations maison, incarnent la philosophie du temple food.