Le système politique de la Corée du Sud est celui d'une république démocratique à régime présidentiel. Il repose sur la Constitution de 1987, qui fonde ce que les Coréens appellent la Sixième République. Le président y concentre l'essentiel de l'exécutif, face à une Assemblée nationale à chambre unique et à une Cour constitutionnelle dont le rôle s'est révélé décisif à plusieurs reprises.

Quel régime politique en Corée du Sud ?

Les institutions en bref

1987
Constitution en vigueur
5 ans
Mandat présidentiel
300
Députés
1
Chambre au parlement

La différence avec la France mérite d'être posée d'emblée, car elle explique beaucoup. En Corée du Sud, il n'y a pas de partage de l'exécutif entre un président et un chef de gouvernement. Le président est les deux à la fois : le Premier ministre l'assiste et coordonne l'administration, sans détenir de pouvoir autonome. La cohabitation à la française n'existe donc pas, même lorsque l'opposition domine l'Assemblée.

PouvoirInstitutionRôle
ExécutifLe présidentChef de l'État et du gouvernement, élu au suffrage universel direct pour un mandat unique de cinq ans. Il nomme le Premier ministre, avec l'accord de l'Assemblée.
LégislatifL'Assemblée nationaleChambre unique de 300 députés élus pour quatre ans. Elle vote les lois et le budget, et peut passer outre un veto présidentiel aux deux tiers.
JudiciaireCour suprême et Cour constitutionnelleLa première est au sommet de l'ordre judiciaire ordinaire. La seconde contrôle la conformité des lois à la Constitution et tranche les procédures de destitution.

Le pouvoir exécutif

Le président est élu au suffrage universel direct, à un seul tour, pour un mandat unique de cinq ans. Cette non-rééligibilité est la marque de fabrique du système coréen : elle a été inscrite en 1987 pour empêcher qu'un dirigeant ne prolonge indéfiniment son maintien au pouvoir, comme cela s'était produit avant la démocratisation.

Il nomme le Premier ministre, mais cette nomination doit être approuvée par l'Assemblée nationale, ce qui constitue l'un des rares contrepoids directs sur la formation du gouvernement. Les ministres sont ensuite nommés sur proposition du Premier ministre. Le président commande les forces armées, conduit la politique étrangère et dispose du droit de grâce. Le détail de ses attributions et l'identité du titulaire actuel sont sur notre page le président de la Corée du Sud.

Le pouvoir législatif

L'Assemblée nationale, en coréen Gukhoe, est une chambre unique : il n'existe pas de Sénat ni de seconde chambre. Elle compte 300 députés élus pour quatre ans, selon un mode de scrutin mixte.

  • 253 sièges sont pourvus au scrutin majoritaire à un tour, dans autant de circonscriptions.
  • 47 sièges sont attribués à la proportionnelle, dans une circonscription nationale unique, avec un seuil de 3 %.

Ses prérogatives sont classiques : voter les lois et le budget, contrôler le gouvernement, ratifier certains traités. Deux pouvoirs méritent d'être signalés parce qu'ils ont servi récemment. L'Assemblée peut surmonter un veto présidentiel par un vote des deux tiers, et elle peut lever l'état de loi martiale proclamé par le président.

Le pouvoir judiciaire

Deux juridictions se partagent le sommet. La Cour suprême est la plus haute instance de l'ordre judiciaire ordinaire, civil et pénal. La Cour constitutionnelle, distincte, contrôle la conformité des lois à la Constitution, tranche les conflits entre institutions et statue sur les procédures de destitution.

Comment sont nommés les neuf juges constitutionnels

La composition de la Cour constitutionnelle traduit un équilibre voulu entre les trois pouvoirs. Elle compte neuf juges, répartis ainsi : trois nommés par le président, trois par le juge en chef de la Cour suprême, et trois élus par l'Assemblée nationale.

Aucun pouvoir ne contrôle donc seul la juridiction qui peut le destituer. Ce détail de procédure a pesé lourd lors des crises institutionnelles récentes.

La procédure de destitution illustre bien cette architecture. L'Assemblée nationale vote, ce qui suspend immédiatement le président de ses fonctions, puis la Cour constitutionnelle confirme ou rejette. Le vote parlementaire seul ne suffit pas : une destitution votée en 2004 avait été rejetée par la Cour, deux autres ont été confirmées.

Les grands partis et la vie politique

La vie politique sud-coréenne s'organise autour de deux grandes formations, l'une de centre gauche et l'autre de centre droit, qui se sont succédé au pouvoir depuis la démocratisation. Des partis plus petits existent et obtiennent des sièges à la proportionnelle, sans peser durablement sur les majorités.

Deux traits distinguent ce bipartisme du modèle européen. D'abord, les partis changent souvent de nom, au gré des fusions, scissions et refondations, ce qui rend leur suivi déroutant vu de l'étranger. Ensuite, les calendriers présidentiel et législatif étant décalés, il est fréquent qu'un président doive gouverner face à une Assemblée dominée par l'opposition, sans que cela n'entraîne de changement de gouvernement.

Une démocratie récente

Il est utile de rappeler l'échelle de temps : cette architecture institutionnelle a moins de quarante ans. La Corée du Sud a vécu sous des régimes autoritaires pendant l'essentiel de son existence en tant qu'État, et la Constitution actuelle est née du soulèvement de juin 1987, qui a imposé le retour à l'élection directe du président.

Le pays a depuis connu des alternances régulières et des institutions qui ont montré leur capacité à sanctionner un président en exercice. Le récit complet de cette transformation est sur notre page histoire de la Corée du Sud.

Questions fréquentes