L'hymne national de la Corée du Sud s'appelle l'Aegukga (애국가), ce qui signifie littéralement « le chant d'amour pour le pays ». Ses paroles remontent à la fin du XIXe siècle, mais la mélodie que l'on entend aujourd'hui a été composée en 1935 par Ahn Eak-tai, et l'ensemble n'a été adopté officiellement qu'en 1948, à la fondation de la République de Corée.

Quel est l'hymne de la Corée du Sud ?

L'Aegukga en bref

애국가
Aegukga
1935
Composition
1948
Adoption officielle
4
Couplets

Le chant se compose de quatre couplets, chacun suivi du même refrain. Dans les faits, seul le premier couplet est interprété lors de la plupart des cérémonies, des rencontres sportives ou des levers de drapeau, l'ensemble n'étant chanté qu'aux occasions officielles.

Contrairement à beaucoup d'hymnes européens nés de révolutions ou de batailles, l'Aegukga n'est pas un chant guerrier. Il ne célèbre ni victoire ni combat : c'est une déclaration d'attachement au pays, écrite à une époque où l'indépendance coréenne était précisément menacée.

La signification de l'Aegukga

Le texte procède par images tirées de la nature, qui servent toutes la même idée : la permanence du pays malgré l'usure du temps et les épreuves.

  • La mer de l'Est et le mont Paektu, cités dès l'ouverture, encadrent symboliquement la péninsule d'un bout à l'autre.
  • Le pin, arbre qui reste vert en hiver, figure la constance et la résistance.
  • Le ciel d'automne et la lune claire évoquent la pureté et la clarté d'esprit.
  • Le mugunghwa, l'hibiscus syriacus, fleur nationale, revient dans le refrain. Son nom coréen contient l'idée d'éternité, et elle refleurit chaque jour de l'été.

Le refrain, que tout Coréen connaît, associe ces montagnes et ces rivières couvertes de mugunghwa à un vœu de longévité pour le pays. La formule d'ouverture la plus citée est Donghae mulgwa Baekdusani, « la mer de l'Est et le mont Paektu ».

L'histoire de l'hymne

Les paroles circulent dès la fin des années 1890, dans le contexte du mouvement pour l'indépendance. Leur auteur n'a jamais été établi avec certitude : deux figures de l'époque sont régulièrement avancées, sans que la question soit tranchée. C'est l'une des rares grandes nations dont l'hymne n'a pas de parolier officiellement reconnu.

Pendant des décennies, ce texte s'est chanté sur un air emprunté : celui d'« Auld Lang Syne », la mélodie écossaise que les francophones connaissent comme « Ce n'est qu'un au revoir ». Le procédé n'avait rien d'exceptionnel à l'époque, mais il devenait difficilement tenable pour un pays cherchant à affirmer son identité.

Une mélodie écrite en exil

Ahn Eak-tai compose la musique actuelle en 1935, alors qu'il vit et travaille en Europe, principalement en Espagne. Il dirige lui-même la création de l'œuvre avec un orchestre européen.

La Corée étant alors sous administration coloniale japonaise, l'hymne ne pouvait pas y être officiel. Il faudra attendre 1948 et la fondation de la République de Corée pour son adoption. Le compositeur, resté à l'étranger, n'est jamais rentré assister à son exécution comme hymne national de son pays.

Où écouter l'hymne et lire les paroles officielles

Nous ne reproduisons pas ici le texte intégral, ni sa traduction. La mélodie date de 1935 et son compositeur est mort en 1965 : selon les pays, sa protection au titre du droit d'auteur peut ne pas être éteinte. Plutôt qu'une recopie approximative, mieux vaut la source officielle.

Le ministère de l'Intérieur et de la Sécurité de la République de Corée publie une page consacrée aux symboles nationaux, avec le texte complet des quatre couplets, la partition et un enregistrement officiel : les symboles nationaux sur mois.go.kr.

C'est aussi la référence à privilégier si vous cherchez une transcription fiable en alphabet latin, les versions qui circulent en ligne étant souvent approximatives sur les liaisons du coréen. Pour comprendre l'écriture, voir notre page sur le hangeul.

L'Aegukga du Sud et l'hymne du Nord

La confusion est fréquente, et elle vient d'une coïncidence de vocabulaire : les hymnes des deux États portent le même titre, Aegukga, puisqu'il s'agit d'un nom commun signifiant « chant patriotique ».

Ce sont pourtant deux chants entièrement différents, par la mélodie comme par le texte, adoptés séparément après la division de la péninsule. Celui du Nord est d'ailleurs plus connu par sa première ligne que par son titre. Aucun rapport, donc, en dehors du nom.

L'autre grand symbole national, le drapeau Taegukgi, est décrypté en détail sur notre page le drapeau de la Corée du Sud.

Questions fréquentes