Le drapeau de la Corée du Sud s'appelle le Taegukgi (태극기). Sur un fond blanc, il porte en son centre un cercle rouge et bleu, le taegeuk, entouré de quatre groupes de barres noires, les trigrammes. C'est l'un des rares drapeaux nationaux à ne contenir ni étoile, ni bande, ni animal : uniquement des symboles issus d'une philosophie de l'équilibre.

À quoi ressemble le drapeau de la Corée du Sud ?

Trois éléments, et rien d'autre. Un fond entièrement blanc. Un cercle central divisé en deux par une ligne courbe, rouge dans sa partie haute, bleu dans sa partie basse. Et quatre groupes de trois barres noires, un dans chaque coin, orientés vers le centre.

Drapeau de la Corée du Sud : le Taegukgi, fond blanc, taegeuk rouge et bleu et quatre trigrammes noirs
Le Taegukgi, drapeau officiel de la République de Corée, dans ses proportions et ses couleurs normalisées.

La fiche technique du Taegukgi

3:2
Proportions
1883
Premier drapeau officiel
1948
Adopté par la République
🇰🇷
Emoji

La géométrie est réglée au millimètre. Le diamètre du cercle central vaut exactement la moitié de la hauteur du drapeau, les barres des trigrammes ont une largeur égale au rayon de ce cercle, et l'ensemble s'inscrit dans un rectangle de proportions 3:2. La ligne qui sépare le rouge du bleu est inclinée de 33,69°, un angle qui correspond exactement à une pente de deux tiers.

Que signifie le drapeau sud-coréen ?

Le Taegukgi ne raconte pas une bataille ni une dynastie. Il représente une vision du monde : celle d'un univers fait de forces opposées qui ne s'annulent pas mais se répondent. Le jour et la nuit, le chaud et le froid, le mouvement et le repos. Rien n'existe seul, tout se définit par son contraire.

Chaque élément du drapeau décline cette idée à sa manière. Le blanc du fond renvoie à la paix et à la pureté, mais aussi à un trait très concret de l'histoire coréenne : les Coréens étaient traditionnellement surnommés « le peuple vêtu de blanc », le hanbok ordinaire étant écru. Le cercle central met en scène l'équilibre lui-même. Les quatre trigrammes l'étendent aux éléments naturels. C'est un drapeau qui se lit comme un schéma.

Le taegeuk : le cercle central

Le taegeuk (태극) est le cercle qui donne son nom au drapeau. Sa moitié supérieure rouge représente le yang : les forces actives, la chaleur, le ciel, le masculin. Sa moitié inférieure bleue représente l'eum : les forces passives, le froid, la terre, le féminin. La frontière entre les deux n'est pas droite mais courbe, parce que le passage de l'un à l'autre est continu, jamais brutal.

On le compare souvent au yin-yang chinois, et l'idée est effectivement la même. Deux détails les distinguent au premier coup d'œil. Le taijitu chinois est noir et blanc, avec un petit point de chaque couleur dans la zone opposée ; le taegeuk coréen est rouge et bleu, sans les points. Sa ligne de séparation est aussi inclinée, quand celle du taijitu est verticale.

Les quatre trigrammes (kwae)

Les groupes de barres noires s'appellent des trigrammes, ou kwae (괘) en coréen. Ils viennent du Livre des mutations, un texte de cosmologie chinoise qui en compte huit ; le drapeau n'en retient que quatre. Une barre pleine vaut yang, une barre brisée vaut eum, et leur combinaison définit chaque symbole.

Schéma légendé des symboles du drapeau de la Corée du Sud : le taegeuk et les trigrammes geon, gam, ri et gon
Les quatre trigrammes du Taegukgi et leur position exacte sur le drapeau.
TrigrammePositionCompositionSymbole
☰ geon (건)Haut, côté mât3 barres pleinesLe ciel
☲ ri (리)Bas, côté mâtPleine, brisée, pleineLe feu, le soleil
☵ gam (감)Haut, côté flottantBrisée, pleine, briséeL'eau, la lune
☷ gon (곤)Bas, côté flottant3 barres briséesLa terre

La disposition n'a rien d'arbitraire : chaque trigramme fait face à son contraire. Le ciel est en diagonale de la terre, le feu en diagonale de l'eau. Un moyen simple de les reconnaître consiste à compter les segments noirs, qui augmentent de un à chaque quart en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre depuis le haut-gauche : trois pour geon, quatre pour gam, cinq pour ri, six pour gon.

Méfiez-vous des tableaux trouvés en ligne

Beaucoup de pages associent en plus à chaque trigramme une saison, un point cardinal et une vertu. Ces attributions existent bel et bien dans la tradition, mais elles varient d'une source à l'autre, y compris entre les versions française et anglaise de Wikipédia, qui se contredisent. Nous ne les reprenons pas : l'élément naturel et l'astre, eux, font consensus.

Les couleurs et leur symbolique

Le drapeau n'utilise que quatre couleurs, dont deux sont des teintes officiellement normalisées. Voici les codes exacts, utiles si vous devez le reproduire.

CouleurCodeCe qu'elle exprime
Blanc#FFFFFFLe fondLa paix et la pureté
Rouge#CD2E3AMoitié haute du taegeukLe yang, les forces actives
Bleu#0047A0Moitié basse du taegeukL'eum, les forces passives
Noir#000000Les quatre trigrammesLa constance et la justice

Le rouge et le bleu correspondent aux nuances Pantone 186 C et 294 C. Les fabricants de drapeaux et les administrations coréennes s'y tiennent strictement, ce qui explique que le Taegukgi ait une teinte très reconnaissable, plus sombre et plus froide que le bleu roi ou le rouge vif utilisés sur beaucoup d'autres drapeaux.

L'histoire du drapeau

Le Taegukgi est né d'une contrainte diplomatique. En 1882, la Corée de la dynastie Joseon n'a pas de drapeau national, ce qui devient un problème lors des échanges avec les puissances étrangères. Le diplomate Park Yeong-hyo en dessine un pendant une mission au Japon, en reprenant le taegeuk et des trigrammes déjà présents dans l'iconographie coréenne. Il est proclamé drapeau officiel du royaume l'année suivante, en 1883.

Suit une longue éclipse. Pendant la colonisation japonaise, de 1910 à 1945, le drapeau est interdit et devient un symbole de résistance, brandi notamment lors du mouvement d'indépendance du 1er mars 1919. À la libération, il réapparaît, et la République de Corée l'adopte officiellement en 1948, à sa fondation.

Le drapeau que l'on connaît aujourd'hui n'est fixé qu'ensuite. Les proportions et la géométrie sont normalisées en 1949, et les teintes exactes font l'objet d'une spécification officielle en 1997, révisée depuis. Avant cela, les Taegukgi variaient sensiblement d'un fabricant à l'autre, et les drapeaux anciens montrent des trigrammes plus épais et un taegeuk moins régulier.

Drapeau de la Corée du Sud ou de la Corée du Nord ?

La confusion est fréquente, alors qu'il n'y a aucune ressemblance. Le drapeau nord-coréen est composé de deux bandes bleues encadrant une large bande rouge, avec une étoile rouge à cinq branches sur un disque blanc décalé vers le mât. Aucun taegeuk, aucun trigramme.

Comparaison entre le drapeau de la Corée du Sud, le Taegukgi, et le drapeau de la Corée du Nord
À gauche le Taegukgi sud-coréen, à droite le drapeau de la Corée du Nord.

Les deux États ont partagé le Taegukgi jusqu'à la partition. Le Nord l'a abandonné en 1948 pour un drapeau d'inspiration soviétique, jugé plus conforme au nouveau régime. Le taegeuk, lui, est resté au Sud. Pour éviter toute méprise dans un texte, la mention « Corée du Sud » ou « République de Corée » lève l'ambiguïté ; le seul mot « Corée » ne suffit pas.

Emoji, image et téléchargement

L'emoji du drapeau sud-coréen est 🇰🇷. Techniquement, ce n'est pas une image mais la combinaison de deux lettres régionales, K et R, correspondant au code pays KR. Son voisin 🇰🇵 (KP) est celui de la Corée du Nord : un caractère d'écart, deux pays très différents.

Les fichiers ci-dessous sont ceux que vous voyez sur cette page. Ils respectent les proportions et les couleurs officielles, et sont libres d'usage, y compris pour un exposé, une affiche ou un coloriage à partir du contour.

Télécharger le drapeau de la Corée du Sud

Un détail à connaître si vous manipulez le fichier : le Taegukgi n'est pas symétrique. Le retourner horizontalement, comme le font certains montages, place les trigrammes du mauvais côté et inverse le taegeuk. Le rouge doit toujours se trouver en haut, et geon, les trois barres pleines, toujours en haut du côté du mât.

Questions fréquentes