Page mise à jour le 31 juillet 2026.
Le président de la Corée du Sud est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. Il est élu au suffrage universel direct pour un mandat unique de cinq ans, sans possibilité de se représenter. Cette page décrit l'institution et son fonctionnement, et non l'actualité politique du pays. À ne pas confondre avec la Corée du Nord, un État distinct doté d'institutions sans rapport.
Qui est le président de la Corée du Sud ?
Lee Jae-myung est président de la Corée du Sud depuis le 4 juin 2025. Son mandat court jusqu'en juin 2030.
Il a été élu lors d'une élection anticipée, organisée après la destitution de son prédécesseur Yoon Suk-yeol. La Constitution impose en effet un scrutin dans les soixante jours suivant une vacance du pouvoir, ce qui explique l'absence de période de transition : le président élu prend ses fonctions dès la proclamation des résultats.
Une information à vérifier avant de la citer
La présidence sud-coréenne a connu trois titulaires entre 2022 et 2025. Cette page est mise à jour manuellement et porte la date du 31 juillet 2026. Si vous la consultez longtemps après, recoupez le nom avec une source officielle avant de le reprendre.
Le rôle et les pouvoirs du président
La Corée du Sud est un régime présidentiel. Contrairement à la France, il n'y a pas de partage du pouvoir exécutif entre un président et un chef de gouvernement : le président dirige l'exécutif, et le Premier ministre l'assiste sans détenir de pouvoir autonome.
- Il nomme le Premier ministre, mais cette nomination doit être approuvée par l'Assemblée nationale. Les ministres sont ensuite nommés sur proposition du Premier ministre.
- Il est commandant en chef des forces armées.
- Il peut opposer son veto à une loi votée par l'Assemblée nationale, qui peut passer outre par un vote des deux tiers.
- Il conduit la politique étrangère et négocie les traités, dont la ratification revient à l'Assemblée.
- Il dispose de pouvoirs exceptionnels, dont la proclamation de la loi martiale, encadrés par la Constitution et soumis au contrôle de l'Assemblée nationale.
- Il exerce le droit de grâce.
Le détail du régime dans son ensemble, avec l'Assemblée nationale, la Cour constitutionnelle et les partis, relève de notre page système politique de la Corée du Sud.
Comment est-il élu ? Le mandat de cinq ans
Les règles du mandat
Le président est élu au suffrage universel direct, à un seul tour : le candidat arrivé en tête l'emporte, sans majorité absolue requise ni second tour. Un président a donc pu être élu avec moins de la moitié des voix exprimées.
La règle la plus caractéristique du système coréen tient au mandat : cinq ans, une seule fois, sans réélection possible. Elle vient de la Constitution de 1987, adoptée au moment de la démocratisation du pays, et répond à une préoccupation précise. Les décennies précédentes avaient vu des dirigeants prolonger leur maintien au pouvoir par des révisions successives de la Constitution ; l'interdiction de se représenter ferme cette voie.
Trois conditions d'éligibilité s'ajoutent : être citoyen coréen, avoir au moins 40 ans, et résider dans le pays depuis au moins cinq ans.
Où réside le président ?
À la Maison Bleue, en coréen Cheong Wa Dae (청와대), au pied de la montagne Bugaksan à Séoul. Le nom vient des tuiles bleues qui couvrent le bâtiment principal. Elle a été le siège de la présidence de 1948 à 2022.
Ce point a beaucoup bougé, et beaucoup de sources françaises sont restées en arrière. En mai 2022, la présidence a quitté la Maison Bleue pour un nouveau siège dans le quartier de Yongsan, et le site historique a été ouvert au public comme parc et lieu de visite. Puis, fin décembre 2025, la présidence est revenue s'installer à la Maison Bleue, après un peu plus de trois ans d'absence.
Les visites de la Maison Bleue sont suspendues
Le site a été ouvert aux visiteurs entre 2022 et 2025. Depuis le 1er août 2025, les visites sont suspendues, dans la perspective du retour de la présidence sur place. Aucune date de réouverture n'a été annoncée à ce jour.
Si vous préparez un séjour, ne l'inscrivez pas à votre programme sans avoir vérifié : plusieurs guides continuent de la présenter comme visitable. Nos autres suggestions sont sur le guide de Séoul.
La liste des présidents de la Corée du Sud
La République de Corée a été fondée en 1948. Voici ses présidents successifs, sans détailler les intérims assurés par des Premiers ministres entre deux titulaires.
| Président | Période | Fin de fonctions |
|---|---|---|
| Syngman Rhee | 1948 - 1960 | Démission |
| Yun Po-sun | 1960 - 1962 | Démission |
| Park Chung-hee | 1963 - 1979 | Assassiné en fonction |
| Choi Kyu-hah | 1979 - 1980 | Démission |
| Chun Doo-hwan | 1980 - 1988 | Fin de mandat |
| Roh Tae-woo | 1988 - 1993 | Fin de mandat |
| Kim Young-sam | 1993 - 1998 | Fin de mandat |
| Kim Dae-jung | 1998 - 2003 | Fin de mandat |
| Roh Moo-hyun | 2003 - 2008 | Destitution rejetée en 2004 |
| Lee Myung-bak | 2008 - 2013 | Fin de mandat |
| Park Geun-hye | 2013 - 2017 | Destituée |
| Moon Jae-in | 2017 - 2022 | Fin de mandat |
| Yoon Suk-yeol | 2022 - 2025 | Destitué |
| Lee Jae-myung | Depuis 2025 | En fonction |
Deux repères pour situer cette liste. Syngman Rhee a été le premier président, de 1948 à 1960. Park Chung-hee détient de loin la plus longue durée au pouvoir, seize ans, de 1963 à son assassinat en 1979. La coupure de 1987-1988 sépare les deux périodes : avant, des mandats de durées variables dans un cadre autoritaire ; après, le mandat unique de cinq ans issu de la démocratisation.
Destitutions et crises récentes
La procédure existe et a été utilisée. L'Assemblée nationale vote la destitution, ce qui suspend immédiatement le président de ses fonctions, puis la Cour constitutionnelle dispose d'un délai pour confirmer ou rejeter cette décision. Le vote parlementaire ne suffit donc pas : les deux étapes sont nécessaires.
Trois procédures ont été engagées depuis 2004.
- Roh Moo-hyun, en 2004 : la destitution votée par l'Assemblée a été rejetée par la Cour constitutionnelle, et le président a été rétabli dans ses fonctions.
- Park Geun-hye, en 2016-2017 : destituée par l'Assemblée en décembre 2016, la décision a été confirmée par la Cour constitutionnelle en mars 2017.
- Yoon Suk-yeol, en 2024-2025 : après la proclamation de la loi martiale le 3 décembre 2024, levée par un vote de l'Assemblée nationale quelques heures plus tard, il a été destitué par l'Assemblée le 14 décembre 2024. La Cour constitutionnelle a confirmé la destitution le 4 avril 2025, ouvrant l'élection anticipée de juin 2025.
Ces épisodes sont régulièrement cités comme une illustration du fonctionnement des contre-pouvoirs coréens, l'Assemblée et la Cour constitutionnelle ayant chacune joué leur rôle dans la procédure. Pour replacer ces événements dans une chronologie plus large, voir notre page histoire de la Corée du Sud.
