Chiffres mis à jour le 31 juillet 2026.

La population de la Corée du Sud s'élève à environ 52 millions d'habitants. Le pays cumule trois traits démographiques peu communs : une densité parmi les plus fortes du monde, une concentration extrême autour de Séoul, et le taux de fécondité le plus bas de la planète. Ce dernier point domine le débat public coréen depuis des années, avec un retournement récent que peu de sources françaises ont encore intégré.

Quelle est la population de la Corée du Sud ?

Les chiffres clés

~52 M
Habitants
~530
Hab. par km²
~26 M
Aire de Séoul
0,80
Enfants par femme

Le chiffre exact dépend de la source, et l'écart mérite une explication. KOSTAT, l'institut statistique coréen, publie le nombre de résidents enregistrés, autour de 51 à 52 millions. Les organismes internationaux, eux, diffusent des estimations qui montent parfois à près de 53 millions. Retenez l'ordre de grandeur de 52 millions plutôt qu'un chiffre au millier près.

Un point de repère utile : la Corée du Sud compte donc moins d'habitants que la France, sur un territoire cinq fois plus petit. Le pic de population a déjà été franchi au début des années 2020, et le pays est entré en déclin démographique.

Densité et répartition

Avec environ 530 habitants par kilomètre carré, la Corée du Sud figure parmi les pays les plus densément peuplés au monde parmi ceux dépassant dix millions d'habitants. À titre de comparaison, la France se situe autour de 107.

Ce chiffre est même trompeur, car il sous-estime la réalité vécue : environ 70 % du territoire est montagneux et très peu habité. La population se concentre donc sur les plaines de l'ouest et du sud, où la densité réelle est bien supérieure à la moyenne nationale. La répartition est visible sur notre carte de la Corée du Sud.

La moitié du pays vit autour de Séoul

La ville de Séoul compte environ 9,7 millions d'habitants. Mais l'aire métropolitaine, qui englobe Incheon et la province de Gyeonggi, en rassemble près de 26 millions.

Soit environ la moitié de la population du pays sur 12 % du territoire. Peu d'États développés présentent une concentration aussi marquée autour de leur capitale. Elle explique la saturation immobilière de la région, le poids des transports quotidiens et les politiques de rééquilibrage régional, dont la création de la ville administrative de Sejong.

La natalité la plus basse du monde

Graphique du taux de fécondité en Corée du Sud de 1970 à 2025, de 4,53 à 0,80 enfant par femme
L'effondrement de la fécondité coréenne depuis 1970, et le redressement des deux dernières années.

Le taux de fécondité mesure le nombre moyen d'enfants par femme. Il faut environ 2,1 pour qu'une population se renouvelle. La Corée du Sud est passée de 4,53 en 1970 à moins d'un enfant par femme en 2018, puis à 0,72 en 2023, le niveau le plus bas jamais enregistré dans un pays.

Mais la courbe s'est retournée. Le taux est remonté à 0,75 en 2024, puis à environ 0,80 en 2025 selon les données provisoires : deux hausses consécutives, les premières depuis près d'une décennie, et plus rapides que la projection gouvernementale la plus optimiste. Le nombre de naissances a progressé de plus de 6 % en 2025, la plus forte hausse annuelle depuis 2010.

Deux précautions s'imposent avant d'en tirer des conclusions. D'abord, 0,80 reste très loin de 2,1 : le déclin démographique n'est pas enrayé, il ralentit. Ensuite, ce rebond suit une forte reprise des mariages, en hausse de près de 15 % en 2024 puis de 8 % en 2025, elle-même consécutive aux reports de la période Covid. Une partie de l'effet pourrait donc être un rattrapage.

Le vieillissement de la population

C'est la conséquence mécanique de décennies de faible natalité, combinée à une espérance de vie parmi les plus élevées au monde. La Corée du Sud vieillit plus vite qu'aucun autre pays développé, non par accident mais parce que sa transition démographique a été extraordinairement rapide.

Les chiffres de KOSTAT donnent la mesure du basculement. La part des 65 ans et plus est passée d'environ 17,5 % en 2022 à une projection de 46,4 % en 2070. Dans le même temps, la population en âge de travailler passerait de 71 % à 46 %. Autrement dit, le pays compterait alors presque autant de personnes âgées que d'actifs.

Les enjeux sont largement documentés : financement des retraites et de la santé, pénurie de main-d'œuvre, et une pauvreté des seniors déjà élevée en comparaison des autres pays de l'OCDE.

Les projections pour 2050 et 2100

HorizonPopulationSource et lecture
Aujourd'hui≈ 52 millionsLe pic de population a été franchi au début des années 2020.
2050≈ 45 millionsProjection des Nations unies, scénario médian.
2072≈ 36 millionsProjection de KOSTAT, l'institut statistique coréen.
2100≈ 18 millionsScénario médian : environ un tiers de la population actuelle.

Ces projections ne sont pas des prédictions. Elles prolongent les tendances actuelles et sont très sensibles à l'hypothèse de fécondité retenue : quelques dixièmes d'écart sur le taux changent le résultat de plusieurs millions d'habitants à l'horizon 2100. Certains scénarios pessimistes descendent bien plus bas, d'autres supposent un redressement durable. Le rebond observé depuis 2024 rappelle utilement que ces courbes ne sont pas écrites d'avance.

Pourquoi la natalité est-elle si basse ?

Les travaux sur le sujet convergent vers un faisceau de facteurs économiques et sociaux, sans qu'aucun n'explique le phénomène à lui seul.

  • Le coût de l'éducation. Les cours privés du soir, les hagwon, sont devenus une norme sociale et pèsent lourdement sur les budgets familiaux. Beaucoup de couples déclarent limiter le nombre d'enfants pour pouvoir en assumer la scolarité.
  • Le logement. Les prix dans la région de Séoul, où se concentrent les emplois, rendent l'accès à un logement familial difficile et retardent la constitution des foyers. Le sujet est chiffré sur notre page coût de la vie.
  • Le travail. Les horaires longs et une culture d'entreprise exigeante compliquent la conciliation avec une vie familiale, question détaillée sur travailler en Corée du Sud.
  • Le partage des tâches. Le travail domestique et parental reste très inégalement réparti, ce qui pèse en particulier sur les carrières féminines.
  • Le recul du mariage. Les naissances hors mariage restent rares en Corée, bien plus qu'en Europe. Reculer ou renoncer au mariage se traduit donc presque directement en moindre natalité.

Les pouvoirs publics ont engagé des sommes considérables depuis les années 2000 : allocations, congés parentaux étendus, aides au logement pour les jeunes couples, création d'un ministère dédié. Ces politiques n'avaient pas inversé la tendance jusqu'en 2023. Le redressement observé depuis coïncide avec leur renforcement et avec la reprise des mariages, sans qu'il soit possible, à ce stade, d'attribuer précisément l'effet à l'un ou à l'autre.

Pour la vie quotidienne dans ce contexte, voir vivre à Séoul, et pour comprendre comment le pays en est arrivé là, notre page histoire de la Corée du Sud.

Questions fréquentes